La téléconsultation s’impose de plus en plus dans l’univers médical, avec une accélération plus que notable pendant la pandémie de Covid-19. Cette nouvelle tendance, à l’image du télétravail, semble conquérir le public de façon irrésistible. Pourtant, en y regardant de plus près, la réalité est en réalité un peu plus nuancée. Alors, téléconsultation ou consultations classiques ? Que préfèrent réellement les patients ? Voici quelques éléments de réponse.
Un succès réel mais à relativiser en période de pandémie
La téléconsultation a réellement pris une autre dimension à partir de 2020 en pleine pandémie de Covid-19. Les confinements et la limitation des interactions sociales ont révélé comme une évidence le potentiel d’un concept qui pourtant existait déjà.
Ainsi, en 2020 et 2021, ce sont respectivement 13,5 et 9,4 millions de téléconsultations qui ont été faites en France contre seulement 80 000 en 2019. Un bond spectaculaire et incontestable, mais qui reste à remettre dans un contexte précis. En effet, dans un contexte de confinement et de pandémie, tout est réuni pour que de nombreux patients potentiels soient contraints de recourir au seul accès possible à un médecin. Il s’avère qu’à ce moment-là il s’agissait de la téléconsultation. Après la fin des restrictions sanitaires, la plupart des patients sont revenus à leurs habitudes antérieures.
Néanmoins, si les chiffres actuels de la téléconsultation sont certes moins spectaculaires que ceux de 2020 et 2021, ils demeurent plus importants qu’ils ne l’étaient avant cette période. Cela veut donc dire qu’une part, certes minoritaire (un peu plus de 2 % des consultations médicales), mais bel et bien réelle des patients a découvert la téléconsultation à cette occasion, a été séduite par le concept et continue à l’utiliser, encore aujourd’hui.
La téléconsultation et la consultation classique plébiscitées par des publics différents
La téléconsultation et la consultation classique sont difficiles à départager de façon formelle car les deux pratiques séduisent des profils assez différents. Cela se manifeste de plusieurs façons.
Il existe tout d’abord une séparation nette entre les patients des villes (téléconsultation) et ceux vivant à la campagne (consultations classiques). Même au sein des citadins, il existe une surreprésentation notable de l’utilisation de la téléconsultation en Île-de-France. Une autre différence majeure concerne la tranche d’âge des utilisateurs des deux méthodes. Ainsi, la téléconsultation attire davantage les jeunes, tandis que les seniors privilégient majoritairement la consultation classique. L’explication la plus logique à cette réalité est tout simplement que les plus jeunes sont aussi les plus à l’aise avec internet et la technologie de façon générale. Néanmoins, on peut également expliquer ce fait, pour la simple et bonne raison que les jeunes sont plus enclins aux changements d’habitudes que les séniors.
Enfin, il existe également des disparités assez notables entre les spécialités médicales utilisées en téléconsultation et en consultation classique. Par exemple, la médecine généraliste et la psychiatrie sont bien plus utilisées en téléconsultation que la gynécologie ou la dermatologie.
Dans tous les cas, il s’agit d’une bonne nouvelle, car cela prouve une fois de plus que les patients ont le choix. Ainsi de nombreuses plateformes de télémédecine telles que Livi ou Doctolib proposent de nombreuses spécialités (en plus de la médecine générale) en téléconsultation en visio. Chacune a ses spécificités, notamment au niveau du mode de consultation, la première citée propose généralement des consultations sans rendez-vous tandis que la seconde nécessite une réservation préalable et permet à la fois la téléconsultation et celle physique.
D’autres se démarquent, à l’image de DoktorABC qui propose des téléconsultations via l’échange de questionnaires médicaux (et non en visio) et qui se présente comme un outil tout en un avec à la fois la téléconsultation, la délivrance d’ordonnances en ligne et même la livraison de médicaments au domicile du patient.
Des usages complémentaires plutôt qu’une concurrence
Opposer la téléconsultation et la consultation en présentiel est en réalité une approche erronée. Tout d’abord, il n’a jamais été annoncé, y compris par le corps médical et les autorités de santé, que la télémédecine avait pour vocation de remplacer les consultations classiques. En réalité, les objectifs annoncés du développement de la télémédecine concernent principalement la lutte contre les déserts médicaux et l’isolement de certains patients, notamment ceux âgés.
Un autre intérêt fut d’offrir une option rapide et simple logistiquement pour les personnes manquant de temps ou celles à mobilité réduite. L’immense majorité des consultations non urgentes ayant pour objectif de réaliser des examens simples et d’obtenir ou de renouveler une ordonnance, cela peut tout à fait être réalisé à distance. Il va de soi que si des examens spécifiques et plus poussés sont nécessaires, le patient continue d’avoir à se déplacer. Là encore, même ce cas de figure permet de concilier les deux modes de consultation. La téléconsultation peut par exemple constituer la première étape du parcours de soins avant de le continuer de façon classique. C’est d’ailleurs souvent le cas.
Ainsi, pour conclure, il était important de souligner que la téléconsultation fait certes désormais partie intégrante du paysage médical, mais qu’elle ne fait que s’ajouter, telle une corde supplémentaire à un arc. Les consultations classiques ont encore de beaux jours devant elles au même titre que celles en ligne qui font désormais partie intégrante d’un ensemble d’offres plus étoffé que jamais.

